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© Joe Brusky_Overpass Light Brigade_flickr

RETOUR SUR LA LUTTE INDIENNE À STANDING ROCK !

Il y a quelques temps, nous avions partagé sur notre site un album de photos rares des Amérindiens du début du XXéme siècle. Elles témoignent d’un mode de vie ancestral qui n’a pas survécu à l’avènement du monde dit moderne. La lutte pour la défense des territoires accordés aux Natifs par l’état américain n’a cependant jamais cessé. Depuis l’an dernier, les Sioux de la réserve de Standing Rock luttent pacifiquement mais fermement contre le projet d’oléoduc qui prévoit de traverser leurs terres sacrées, menace de polluer les sources d’eau potable et de souiller durablement le Missouri. Rejoints par de nombreuses tribus (Navajos, Cherokees, et même Incas), par des défenseurs de la nature venus du monde entier et même par des vétérans américains ayant décidé de peser de tout leur poids face à l’intervention imminente de l’armée, ils finirent, au prix de longs mois d’occupation du chantier, par obtenir une pause dans l’avancée du projet. En décembre 2016, Barack Obama avait en effet fini par céder et par bloquer le chantier en attendant l’étude d’un tracé alternatif.

Le campement peandant la soirée de Thanksgiving, alors que l’espoir était encore permis. © Mark Ruffalo
Le campement peandant la soirée de Thanksgiving, alors que l’espoir était encore permis. © Mark Ruffalo

Mais Donald (ne serait-ce pas plutôt son oncle Picsou ?) Trump en arrivant au pouvoir a balayé d’un revers de main cette décision et s’est empressé de relancer la construction de l’oléoduc qui doit acheminer le pétrole de schiste extrait dans le Dakota du Nord vers Chicago et faire gagner par la même occasion une petite fortune à Energy Transfer Partners, l’entreprise en charge de la construction de l’oléoduc, entreprise dans laquelle le nouveau président possédait encore, il y a peu, de nombreuses actions…

Le campement de Standing Rock avant son démantèlement. © Reuters/Lucas Jackson
Le campement de Standing Rock avant son démantèlement. © Reuters/Lucas Jackson

Le «Black Snake», nom donné par les Natifs à l’oléoduc, verra donc bien le jour en dépit du traité de 1851 accordant aux Sioux la propriété de ce territoire qu’ils occupaient depuis des milliers d’années. La centaine d’irréductibles protégeant le site contre l’assaut des bulldozers est toujours là. Ils ont préféré mettre le feu au gigantesque campement qui a hébergé plus de 10 000 opposants au plus fort de la lutte plutôt que de voir ce dernier détruit et mis au rebut devant leurs yeux. Ils ont établi un nouveau camp sur un terrain proche du chantier et continue à manifester pour leurs droits et pour témoigner des ravages d’une économie aveuglée par la perspective de bénéfices immédiats.

Le camp part en fumée, avant l’évacuation programmée par le gouvernement Trump. © Terray Sylvester_Reuters
Le camp part en fumée, avant l’évacuation programmée par le gouvernement Trump. © Terray Sylvester_Reuters

Ghost, un des plus anciens Indiens présents sur le site résume la situation avec clairvoyance : «Il ne réfléchit pas avant d’agir ou de parler, ce Trump, se désole Ghost. Si tu es un leader, tu ne peux pas te comporter comme cela ! J’aimerais bien qu’il vienne ici, qu’il vienne voir les conséquences négatives de son chantier. Tous ces gens ne regardent pas assez loin dans l’avenir. Ils pensent à l’argent qui remplit leurs poches. Ils parlent tout le temps de dollars. Moi je leur parle d’Histoire, de la planète, d’un site sacré où sont enterrés nos ancêtres. Eux, ne voient rien de tout ça. S’ils ouvraient leurs yeux, peut-être qu’ils verraient.» (propos recueillis pour FranceTVinfo)

Emplacement de la réserve Sioux de Standing Rock
Emplacement de la réserve Sioux de Standing Rock

Ça se passe certes loin d’ici mais la défense de la nature et des droits fondamentaux de l’humanité n’a pas de frontières. Si vous souhaitez en savoir plus :

Photo entête : © Joe Brusky_Overpass Light Brigade_flickr

Benjamin

benjamind@refred.com

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