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Rencontre avec Caroline Cybulka

L’hiver est là, le froid s’installe. Nous sommes nombreux, en cette période, à penser aux plus démunis, à ces gens qui vivent dans des conditions précaires, parfois à même le trottoir. Nous aimerions aider, leur consacrer du temps mais on ne sait pas toujours comment s’y prendre, que faire de plus que de donner une pièce de temps en temps… Caroline Cybulka a décidé en 2014 de franchir le cap de la simple compassion pour agir concrètement. Elle s’est engagée auprès de l’antenne lilloise de l’association ActionFroid pour apporter une aide d’urgence aux sans-abri.

Comment avez-vous intégré l’association ActionFroid de Lille ?

En fait, depuis toujours, quand je croise des SDF, des femmes dans la rue avec leurs enfants, je suis obligée de m’arrêter. Je n’ai pas systématiquement une pièce à donner mais je prends toujours le temps d’échanger quelques paroles. J’avais quand même envie de faire plus, ça me trottait sans cesse dans la tête. J’ai rencontré sur les réseaux sociaux des filles qui avaient la même volonté. On s’est rapprochées d’ActionFroid en 2013 pour connaître leur fonctionnement, la possibilité d’intégrer
l’association. La charge administrative nous rebutait un peu, nous on avait envie de passer rapidement à l’action. L’an dernier, l’arrivée dans notre groupe d’un administrateur nous a permis de structurer notre
démarche. C’est comme ça qu’est née l’antenne lilloise d’ActionFroid.rencontre_action_froid_lemonlemag

Quel est concrètement le rôle d’ActionFroid ?

En tout premier lieu, il y a les collectes. Celles qui se font naturellement, par le bouche à oreille, auprès de nos proches, de nos collègues, de nos voisins etc. On organise également des collectes plus structurées en prenant contact avec les supermarchés. On ne reçoit aucune contribution de l’État, la générosité des citoyens est essentielle.

De quel type de produits avez-vous besoin ?

Nous collectons des vêtements chauds, des couvertures, des duvets, des denrées alimentaires comme des biscuits, des conserves à ouverture facile, des produits d’hygiène de première nécessité mais aussi du matériel pour nos distributions de soupes et de boissons chaudes pendant nos maraudes.

Et en quoi consistent-elles exactement ces maraudes ?

C’est le cœur de nos actions. Le but de nos maraudes, c’est simplement de distribuer aux démunis tous ces produits de première nécessité. Il faut savoir que depuis 9 mois, la Ville de Lille a interdit les distributions «fixes», alors on bouge, on parcourt les rues avec nos caddies, à la rencontre des sans-abri et de tous ceux qui viennent à nous parce qu’ils ne peuvent plus subvenir dignement à leurs besoins. Un café, un chocolat ou une soupe pour réchauffer, des petits repas quand on a pu récupérer auprès des
magasins de quoi cuisiner et toujours des mots pour réconforter, pour prendre des nouvelles. On embarque également nos sacs de vêtements et on distribue en fonction des besoins des uns et des autres.

Vous pouvez nous parler de toutes ces personnes à qui vous venez en aide ? Ce ne sont pas tous des sans-abri si j’ai bien compris ?

Il y a toutes sortes de gens. Il y a ceux qui vivent dans la rue, qui ne trouvent pas de place en foyer, il y a ceux qui ont un petit appartement mais qui n’ont pas de revenus, ou presque rien. Il y a des réfugiés, des familles de Roms. Tous nous accueillent toujours très bien, ils savent qu’on est là pour eux, sans arrière- pensées. Certains peuvent être gênés de solliciter de l’aide, mais avec le temps et la discussion, on parvient à créer des liens.rencontre_action_froid_lemonlemag_3

Comment parvenez-vous à conserver ces liens dans le temps, à ne pas perdre de vue vos «protégés» ?

On n’est heureusement pas les seuls à être présents sur le terrain. Il y a un tas d’acteurs sociaux, que ce soit le Samu Social ou le 115 qui nous tiennent informés. Je les appelle souvent pour avoir des nouvelles de certains SDF qu’on ne voit plus ou qui ont été hospitalisés. Et surtout, quand l’hiver se termine, on continue quand même nos veilles. Les besoins ne s’arrêtent pas quand le froid disparaît. On distribue de l’eau, de la nourriture, on voit si on peut aider, d’une manière ou d’une autre. A la fin de l’été, on a fait hospitaliser une dame SDF atteinte de tuberculose et de cirrhose. Elle a bien failli perdre la vie, dans la rue, au beau milieu de la ville.

Vous êtes bénévole, vous avez un travail en plus de votre investissement dans l’association. D’un point de vue personnel, comment se détacher un peu de tous ces drames pour revenir à sa propre vie ?

Mon engagement fait maintenant partie de mon équilibre de vie. J’ai la chance d’avoir une famille très compréhensive qui me soutient dans mes actions. Je me dis que je pourrais toujours faire un peu plus, de toutes façons quand on s’engage on ne peut plus faire machine arrière. Je me sens impliquée dans le sort des gens que j’aide. Je rends souvent visite à un camp de Roms de la métropole. Je sais que les enfants s’inquiètent s’ils ne me voient pas pendant plusieurs jours. Et c’est pareil de mon côté, j’ai besoin d’aller prendre de leurs nouvelles, amener des vêtements, un peu de nourriture et surtout passer un peu de temps avec eux. Les voir sourire quand j’arrive, ça n’a pas de prix. Humainement toutes ces rencontres sont très enrichissantes. Les gens qu’on aide nous rendent largement, à leur façon, tout ce qu’on peut leur apporter.

Comment nos lecteurs qui le souhaiteraient pourraient venir en aide à ActionFroid ?rencontre_action_froid_lemonlemag_4

Il y a deux nouvelles antennes qui viennent d’ouvrir dans la région, l’une à Lens, l’autre à Douai. Il y a de plus en plus de bénévoles et c’est très bien. Mais ça veut dire qu’on a, plus que jamais, besoin de dons. Sur le site officiel d’ActionFroid, vous pouvez prendre contact avec les membres des différentes antennes. En ce moment on a besoin de vêtements chauds, mais aussi de sous-vêtements et de chaussettes, ça fait partie des demandes régulières. Et bien sûr n’hésitez pas à faire des dons de nourritures. Vous pouvez également rejoindre le groupe facebook «ActionFroid Nord-Pas-de-Calais». Chacun peut prendre l’initiative d’organiser des collectes autour de lui, ou se tenir informé des actions en cours.

Antoine Marquant

antoinem@antoinem.com

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