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EXPOSITION PHOTO DE NIKOS ALIAGAS À Lille

L’été dernier, nous avions ouvert les pages de notre magazine au travail photographique de Nikos Aliagas. Avec enthousiasme et générosité, il nous avait laissé la liberté de faire notre sélection parmi ses nombreuses photos accumulées au fil des ans. Si cette facette de l’homme public est longtemps restée dans la sphère privée, Nikos Aliagas nous confiait être pourtant passionné par la photographie depuis l’enfance. Son entourage, les célébrités présentes dans ses émissions, mais aussi les anonymes rencontrés lors de ses voyages, tous sont saisis, sans hiérarchie, dans la vérité de l’instant. Attaché aux visages et aux mains parcheminés par le passage du temps, le photographe capte avec bienveillance une humanité sans fard, à mile lieues du paraître qui semble dicter les lois du star-système.

© Nikos Aliagas
© Nikos Aliagas

C’est à ce travail dédié à la beauté poignante d’inconnus croisés au cours de ses pérégrinations que la Maison de la Photographie de Lille rend hommage jusqu’au 21 mai. Et c’est sans doute Nikos Aliagas qui parle le mieux du respect que lui inspire ses anonymes, de l’attachement profond et sincère qui le lie à la photographie :

«Le temps ne fuit pas, c’est nous qui le dispersons à grandes enjambées. Parfois malgré nous, souvent par dépit. On essaie de l’oublier, de le masquer, de le transformer, en vain. Lui ne nous nie jamais. Il est au final notre seule constance, notre seule certitude.

Courageux et bienheureux ceux qui l’accueillent sans le craindre.
Ces êtres me fascinent car ils portent le temps comme un témoin inexorable de leur existence, ils en reconnaissent l’épreuve et ils ne craignent pas ses preuves. Je ne photographie pas les êtres pour prendre mais pour comprendre nos silences et nos errances. J’aime une image lorsqu’elle n’est pas esclave de son époque, lorsqu’elle arrive à contourner son essence périssable pour toucher l’indicible, l’intemporel. J’aime la photographie qui sort du cadre chronologique, celle qui se fraye un chemin entre l’apparent et le latent. Comme un futur antérieur qui n’a pas encore dévoilé tous ses secrets.

Egdar Morin nous dit que «ce qui éclaire demeure toujours dans l’ombre», c’est précisément cette ombre si vivante et si fragile qui m’attire, cette projection infinitésimale de nous-même, cette image qui se développe dans la chambre noire de notre esprit, bien souvent à notre insu. Et ses paradoxes, ce qui fût, sera et ce qui a été, ne sera plus. Dans la Caverne de Platon, seuls les ignorants ne doutent pas. Et si le temps n’avait pas d’emprise sur nous ? Et si nos visages, nos mains et nos corps n’étaient qu’une illusion, qu’un jeu de plus de l’implacable temps? Je photographie ceux qui se souviennent de l’éphémère et qui acceptent l’idée du passage. Tout ceux qui ne trichent pas. A quoi bon ? Dans l’œil du vieux sage, les rêves de l’enfance ne meurent jamais. Immortel celui qui déploie ses ailes d’un seul regard.»

© Nikos Aliagas
© Nikos Aliagas

Le portfolio de Nikos Aliagas paru dans Lemon le Mag est ici

Son interview est

Nikos Aliagas/L’épreuve du temps
Jusqu’au 21 mai 2017
Tarifs : 8€/5€ – gratuit pour les – de 8 ans
Maison de la Photographie – 28 Rue Pierre Legrand -Lille
www.maisonphoto.com

Benjamin

benjamind@refred.com

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