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Artothèque laSécu : L’art du prêt

A l’origine du projet d’artothèque il y a Patrick Poulain, fondateur de la galerie associative Lasécu, bien connue des Lillois pour la fréquence et la qualité de ses expositions. L’esprit de Lasécu est à l’image de ses vernissages, chaleureux, décontracté et ouvert à tous. On est loin de l’ambiance feutrée et intimidante que l’on imagine parfois des galeries. Ici, artistes, amateurs d’art, voisins ou simples curieux peuvent échanger en toute simplicité autour du traditionnel punch inaugural.C’est de cette volonté de poursuivre son action de démocratisation de l’art et de la culture qu’est née en 2007, l’idée de créer une artothèque propre à Lasécu. Depuis, chaque adhérent peut, contre une cotisation annuelle minime, repartir chez lui avec la pièce de son choix.

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Vous disposez d’un fonds impressionnant d’œuvres contemporaines. Comment s’est-il constitué ?
En fait, nous avons mis en place une politique d’acquisition depuis la création de Lasécu en 2001, avant même que l’idée d’artothèque ne s’impose d’elle-même. Lors de chaque exposition, nous utilisons l’intégralité des commissions prélevées sur les ventes réalisées par un artiste pour lui acheter des œuvres. Elles viennent immédiatement rejoindre la collection de l’artothèque. Depuis, le projet a fait son chemin et séduit de nombreux artistes qui, régulièrement, nous confient certains de leurs travaux.

Ils vous les donnent ?
Non, il s’agit juste d’un dépôt, l’artiste peut récupérer son œuvre quand il le veut. Et s’il le souhaite, il peut fixer un prix de vente. C’est une façon de diffuser son travail, de disposer d’une certaine visibilité entre deux expositions, mais c’est aussi la possibilité de trouver un acquéreur. Je dois préciser que nous ne prenons aucune commission sur ces ventes. C’est un accord équitable entre les artistes et nous. Nous leur sommes déjà très reconnaissants de nous faire confiance, de nous soutenir.

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Eric Monbel – Gilles – Huile sur toile – 100 x 120 cm – 2007

Donc n’importe quel artiste peut participer au projet et vous proposer ses travaux ?
Et non. Il y a une condition : qu’elle fut personnelle ou collective,  il faut avoir déjà participé à une des expositions de Lasécu. C’est un parti pris qui permet de garantir la qualité et la cohérence de notre collection. Mais je vous rassure, Lasécu organise des expositions depuis 14 ans et c’est près de 250 artistes qui  sont déjà venus enrichir le fonds de l’artothèque.

La renommée de certains de ces artistes dépasse largement les frontières de la métropole lilloise. Comment avez-vous fait pour obtenir leurs œuvres ?
C’est vrai qu’Hervé Di Rosa, Robert Combas ou Glen Baxter, si c’est bien à eux que vous pensez, remportent un franc succès auprès de nos adhérents. Il y a peut-être la volonté inavouée d’épater les invités en accrochant chez soi des œuvres d’artistes célèbres. En ce qui nous concerne, c’est tout simplement lors d’une exposition collective que nous avons acquis leurs travaux. Il s’agit de sérigraphies réalisées dans l’atelier d’Alain Buyse.  Mais la célébrité supposée des créateurs n’est pas notre priorité, notre volonté première reste de donner de la visibilité à tous les artistes de Lasécu, d’être le relais du dynamisme créatif de la région.

Vous semblez cependant réserver une place de choix à une thématique artistique particulière. Le nu et l’érotisme sont en effet à l’honneur dans votre collection. Une envie de dévergonder vos adhérents ?
Cette impression est essentiellement due au fait que la plupart de ces œuvres se suivent dans le catalogue web. Son classement est en effet chronologique et celles-ci ont été prêtées par les artistes qui ont participé à l’expo Sexe et Erotisme qui s’est tenue en 2013 à Lasécu. Nous avons délibérément sollicité les 70 exposants afin d’enrichir la collection de leurs œuvres plus ou moins licencieuses. Cela coïncidait avec notre volonté de faire un clin d’œil au rayon Enfer de certaines bibliothèques qui y plaçaient les œuvres à caractère érotique ou polémique. Suite au grand succès rencontré par cette expo, de nombreuses personnes ayant découvert ou redécouvert Lasécu ont adhéré à l’artothèque. Ensuite, libre à chacun d’emporter l’œuvre de son choix et de l’exposer
où bon lui semble.

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Robert Combas – Lille – Sérigraphie – 65 x 80 cm – 2001

Et concrètement, comment doit-on s’y prendre si on souhaite emprunter une œuvre ?
Il faut simplement être adhérent de l’association. Moyennant une cotisation annuelle de 10 à 30 € par an, selon vos critères de revenus, il vous est possible d’emprunter une pièce de votre choix  tous les trois mois. La sélection et la réservation se font depuis notre site internet. Il faut juste faire attention et prendre en compte la taille réelle des œuvres car sur un écran d’ordinateur, cela peut être trompeur. La plus petite mesurant 1,5 cm sur 3 et la plus grande près de 1,5 m sur 6 ! Mais toute l’équipe est là pour vous accueillir et vous aider à finaliser votre choix.

Parmi plus de 1000 pièces, le choix doit en effet être difficile.  Se fait-il essentiellement sur des critères décoratifs ?
C’est un des critères mais pas le seul heureusement. Je dois reconnaître que les grands formats ont la côte. Une façon sans doute de bien occuper l’espace. Même s’il y a forcément une volonté d’embellir son intérieur, globalement les motivations sont moins superficielles que cela. L’enrichissement n’est pas que décoratif. Le contact avec l’œuvre se fait d’abord sur le site et c’est pourquoi nous avons dédié à chaque créateur une fiche détaillée qui permet à l’adhérent de tisser un premier lien avec l’univers, les motivations ou la démarche de l’artiste choisi. Ensuite, c’est là que commence notre mission d’accompagnement pédagogique. En expliquant, par exemple, qu’un tableau de format moyen peut avoir un impact tout aussi fort dans leur intérieur qu’un autre beaucoup plus grand. Nous partageons surtout avec eux notre connaissance de l’œuvre et de son créateur. Nous faisons en quelque sorte le lien entre les adhérents et les artistes de la collection. Chaque œuvre est unique et possède sa propre histoire que nous tentons de relayer. En se l’appropriant le temps d’une exposition à domicile, les adhérents contribuent à prolonger cette histoire.

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Alex Rochereau – Sans titre – Modelage – 18 x 23 cm – 2005

Et cette histoire ne se termine-t-elle jamais mal ? Accidents ? Dégradations ?
Il n’y a heureusement jamais eu de dégradation volontaire même si nous ne sommes effectivement jamais à l’abri d’un accident. C’est pour cela que nous demandons lors de l’adhésion annuelle de laisser un chèque de caution de 150€ qui équivaut à la franchise de notre assurance. Nous prenons toutes les mesures nécessaires à la sécurité des œuvres. Chacune d’elle est protégée dans un emballage fait sur mesure. Et surtout, nous donnons des consignes de manipulation et d’accrochage aux emprunteurs. Globalement les artistes sont sereins quant à la sécurité de leurs travaux. Ils savent qu’ils sont entre de bonnes mains !

Les œuvres de l’artothèque ont-elles d’autres occasions de quitter les réserves ? En présentez-vous certaines à l’occasion d’expositions exceptionnelles ?
Comme depuis plusieurs années déjà, nous avons participé à Art’Up, la foire lilloise d’art contemporain. C’est l’occasion rêvée à chaque fois de faire connaître l’artothèque à un large public. Nous y présentons une sélection d’œuvres en adéquation avec le thème de la foire. Cette année l’abstraction géométrique était à l’honneur. Les visiteurs de notre stand étaient invités à scanner des QR Codes géants afin de découvrir sur tablette une animation de l’artiste hongrois David Ope intégrant les travaux de quatre photographes de l’artothèque : François Daumerie, Yves Desbuquois, Jean-Pierre Duplan et Fabrice Poiteaux. Nous sommes également contactés régulièrement par des grandes écoles ou des associations pour concevoir des expositions à partir des œuvres de la collection. C’est une façon d’assurer un peu plus la promotion de nos artistes et leur assurer une large audience.

Les galeries d’art privées que vous pouvez côtoyer lors de ces foires ne prennent-elles pas ombrage de votre concept ? Ne vous considèrent-elles pas comme des concurrents déloyaux qui prêtent des œuvres pendant qu’elles, essayent de les vendre ?
Alors c’est vrai que cela a pu être le cas au tout début mais très vite elles ont compris que nous n’étions pas là pour détourner leurs acheteurs potentiels. En familiarisant nos adhérents à l’univers artistique, en leur donnant la possibilité de côtoyer des œuvres d’art à domicile, nous finissons même par révéler chez eux des vocations de collectionneurs. Sans que cela ne soit une volonté marquée de notre part, nous formons finalement de potentiels acheteurs d’art. Et ça, les galeries ne nous le reprochent pas du tout..

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Contrairement à certaines de ces galeries, vous n’avez pas d’entrées d’argent liées à la vente d’œuvres d’art. La cotisation à l’artothèque étant assez modeste, existe-t-il de généreux donateurs, cachés dans l’ombre, qui vous aident financièrement ?
Rien d’opaque dans nos financements, mais la générosité est bien présente. Grâce à Art’Up par exemple, nous nous sommes fait connaître par certains responsables d’entreprises locales qui ont été très réceptifs à notre concept d’artothèque. Ils nous suivent et nous soutiennent différemment les uns les autres. Certains en effectuant des dons, d’autres en adhérant à l’association via un abonnement spécifique réservé aux entreprises. Celles-ci peuvent alors emprunter plusieurs œuvres simultanément pour les exposer dans leurs locaux. Cela permet de toucher un public neuf, pas forcément habitué à fréquenter les centres d’art. C’est une fois de plus l’occasion d’assurer notre mission de démocratisation de la culture en mettant à disposition de tout un chacun des œuvres de qualité.

Thinker fighter – Technique mixte – sur toile – 50 x 70 cm – 2015

Frédéric Levy-Hadida

Entre Frédéric Lévy-Hadida et Lasécu, c’est une histoire qui dure. Il a non seulement inauguré les cimaises de la galerie en 2001, mais a depuis exposé deux fois en solo et participé à la plupart des expositions collectives. La fidélité est réciproque et l’artiste soutient activement l’artothèque depuis sa création. Si ses dessins et peintures figurent parmi les travaux les plus souvent empruntés, c’est que chaque adhérent peut y voir, y ressentir, l’impact d’une expression instinctive, physique, qui parle directement aux sens. L’artiste diversifie les techniques pour incarner, avec le plus de présence possible, portraits et autoportraits. Au final l’œuvre est à l’image de son créateur, franche et généreuse. L’artiste confie en effet la majeure partie de sa production à l’artothèque. C’est selon lui «une façon de rompre la solitude de l’atelier et d’ouvrir une fenêtre vers l’extérieur».

Fumiko 2.0 – Image numérique, tirage argentique sur Dibon – 110 x 80 cm – 2012

Beb deum

Entre Frédéric Lévy-Hadida et Lasécu, c’est une histoire qui dure. Il a non seulement inauguré les cimaises de la galerie en 2001, mais a depuis exposé deux fois en solo et participéà la plupart des expositions collectives. La fidélité est réciproque et l’artiste soutient activement l’artothèque depuis sa création. Si ses dessins et peintures figurent parmi les travaux les plus souvent empruntés, c’est que chaque adhérent peut y voir, y ressentir, l’impact d’une expression instinctive, physique, qui parle directement aux sens. L’artiste diversifie les techniques pour incarner, avec le plus de présence possible, portraits et autoportraits. Au final l’œuvre est à l’image de son créateur, franche et généreuse.
L’artiste confie en effet la majeure partie de sa production à l’artothèque. C’est selon lui «une façon de rompre la solitude de l’atelier et d’ouvrir une fenêtre vers l’extérieur».

Artothèque de Lasécu : Infos pratiques

– c’est Pour qui ?    Pour tous.
et comment ?    Il suffit d’être adhérent.
ok mais combien ?    Cotisation de 30€ par an. 10€ pour les étudiants, demandeurs d’emploi et bénéficiaires du RSA (possibilité d’emprunter une oeuvre tous les 3 mois). Tarifs spécifiques pour les collectivités et les entreprises.
c’est Quand ?    Toute l’équipe de Lasécu vous accueille et vous conseille tous les vendredis et samedis de 14 h à 19 h, les mercredis et jeudis de 14h à 18h.
et c’est où ? 26 rue Bourjembois – 59000 – Lille
des contacts ? évidemment, contact@lasecu.org ou 03 20 47 05 38
y’a pas de site ? Si, c’est même là qu’on doit réserver les oeuvres http://www.artotheque-lasecu.org
ok merci. De rien, ce fut un plaisir.

Antoine Marquant

antoinem@antoinem.com

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